Le Parlement suisse rompt l’impasse sur le nucléaire après un vote historique

Jeudi 19 juin, le Conseil national a confirmé une décision sans précédent en adoptant un contre-projet qui supprime l’interdiction légale sur la construction de nouvelles centrales nucléaires, un texte intégré à la loi sur l’énergie depuis 2017. Ce vote, obtenu avec 106 voix pour contre 88 et 5 abstentions, a été validé le même jour par le Conseil des États, marquant ainsi une consolidation des accords entre les deux chambres fédérales.

Ce revirement s’inscrit dans un processus complexe : après avoir renvoyé le dossier au Conseil fédéral pour clarifier les enjeux financiers le 16 juin, le groupe national a finalement pris position en faveur du projet. L’alliance des partis UDC, PLR et une faction centriste a soutenu cette mesure, tandis que la gauche, ainsi qu’une partie importante du centre politique, s’est opposée.

Nicolas Kolly, conseiller national UDC/FR et membre de la commission énergie, a souligné sur les réseaux sociaux l’importance stratégique de ce vote, qualifiant la décision d’« indispensable pour assurer notre approvisionnement électrique ». En revanche, les opposants critiquent cette évolution comme une relance sans réponse concrète sur le coût et la faisabilité. Selon des études des académies suisses des sciences, l’installation d’une nouvelle centrale pourrait nécessiter des milliards de francs et ne serait pas connectée au réseau avant 2050.

Face à ce débat, l’Alliance « Sortons du nucléaire », regroupant principalement les Verts, le PS et Greenpeace, a annoncé immédiatement un référendum. La collecte de signatures débutera le 30 juin, mettant ainsi en évidence la profondeur des tensions à l’égard de cette question énergétique centrale.