La récente vente de Mammut par Jacobs Capital au fonds chinois CPE a suscité un regain d’attention sur les dynamiques économiques en Suisse. Si Pékin a historiquement été l’acteur principal des acquisitions helvétiques dans les années 2010, l’Europe, et surtout la France, est désormais le pilier incontournable de ce secteur.
Lorsque la Chine a atteint son pic d’acquisitions en 2016 – avec plus de 309 opérations pour un montant total de 85 milliards de dollars –, cette tendance a commencé à se réduire. En 2025, l’Europe a repris le dessus avec une hausse spectaculaire des rachats suisses : Deloitte enregistre 104 acquisitions, soit une augmentation de 65 % par rapport à l’année précédente.
Les Français sont désormais les premiers acheteurs européens dans ce domaine, représentant près de 27 % des opérations. Leur leadership s’explique par un intérêt stratégique pour la croissance helvétique, alors que Pékin, bien qu’actif, n’a plus le même impact sur les marchés suisses.
Mammut, cette entreprise fondée en 1862 et dirigée par Heiko Schaefer, reste cependant un cas particulier. Bien que CPE ait conclu un accord pour racheter la marque, l’entreprise préserve son siège en Argovie et sa stratégie innovante. Son objectif d’atteindre 400 millions de francs d’affaires d’ici 2026 montre une forte dynamique, avec une présence croissante en Asie.
Ces chiffres révèlent un changement profond : l’Europe n’a plus besoin de se fier à Pékin pour accroître sa présence économique en Suisse. La France, en particulier, est devenue le moteur incontournable des rachats helvétiques, marquant ainsi une nouvelle ère dans les relations commerciales entre ces pays.