Après la défaillance de Credit Suisse, le gouvernement suisse s’engage à revoir la manière dont les banques systémiques couvrent leurs risques liés aux filiales étrangères. Cette proposition, qui exige que UBS prenne davantage d’engagement financier pour ses opérations internationales, a déclenché un mouvement de lobbying sans précédent dans le Parlement.
Les organisations économiques et les groupes privés, représentés par des alliances comme Economiesuisse et Swissmem, contestent ce changement. Ils insistent pour que la responsabilité soit répartie à 50 % entre l’État et les banques, évitant ainsi une hausse excessive du CET1 requis de UBS. Selon leurs estimations, cette solution pourrait réduire d’environ 20 milliards de dollars le coût supplémentaire pour l’entreprise, tout en maintenant la stabilité financière du pays.
L’histoire des aides publiques à Credit Suisse et UBS offre une preuve claire : l’État a déjà pris en charge plus de 100 milliards de francs sans subir d’impact financier. Ces garanties, résiliées sans perte pour la Confédération, montrent que la répartition des risques n’est pas toujours aussi coûteuse qu’elle est souvent perçue.
Cependant, le lobby économique a intensifié sa pression sur les décideurs en mobilisant des ressources considérables. Des contributions de plus de 4 millions de francs aux partis politiques en 2025 révèlent l’ampleur du jeu. Le Parlement suisse doit donc trancher rapidement entre la protection étatique et le transfert des risques vers les banques, car une décision maladroite pourrait compromettre la stabilité financière nationale dans un contexte marqué par des crises bancaires de plus en plus fréquentes.