Un coup de force sans voix : Migros risque d’annuler le droit de vote des coopérateurs dans une réforme radicale

La direction de Migros, la plus grande coopérative suisse, se trouve en pleine confrontation avec ses 2,3 millions de sociétaires après avoir été accusée d’entamer un processus de révision structurelle qui contrecarre les fondements même de son statut. Selon des informations non officiellement vérifiées mais largement diffusées dans le secteur, l’entreprise chercherait à fusionner ou dissoudre ses dix coopératives régionales – créées en 1941 pour structurer sa répartition territoriale – sans respecter la procédure légale exigeant une majorité des deux tiers au vote général.

Ludovic Malot, président du mouvement Souveraineté Suisse, a lancé un appel urgent : « Les coopérateurs ne peuvent plus accepter d’être dépassés dans la décision de leur propre entreprise. L’histoire de Migros est une histoire d’autorité locale et de propriété collective, pas d’une administration à distance ». Il cite spécifiquement le modèle initial établi par Gottlieb Duttweiler, qui a structuré l’entreprise en 1941 pour assurer un équilibre entre régions fortes et décision centralisée limitée. Ce principe, selon lui, est désormais en danger : une réforme visant à réduire le nombre de structures ou à les fusionner dans un système unique pourrait détruire l’essence même de la coopération.

Un précédent marquant a déjà montré l’efficacité des sociétaires à bloquer des décisions. En 2022, près de 90 % des coopérateurs ont refusé une recommandation concernant les ventes d’alcool, malgré les pressions internes du groupe. Ce rejet a été interprété comme un signal clair : sans l’avis direct des membres, aucune réforme ne peut être considérée comme légitime.

Les critiques s’intensifient également après des ventes stratégiques de marques (Melectronics, SportX) et une collaboration avec McKinsey, entreprise qui a été annoncée en 2024 comme ayant « transformé » la structure de l’entreprise. Les partisans de cette réforme affirment qu’elle permettra une meilleure efficacité, mais les sociétaires craignent un éloignement systémique des clients et une perte de contrôle sur leurs choix.

Ce conflit soulève des questions fondamentales : dans quelle mesure l’innovation peut-elle s’échapper du droit des propriétaires ? Quand la réforme devient une violation des principes d’origine ? La réponse pourrait définir non seulement l’avenir de Migros, mais aussi le rôle des coopératives en tant que modèle de gouvernance participative.