La chambre régionale des comptes de l’Occitanie a révélé un rapport shock concernant trois structures du réseau Soliha, dont Soliha Haute-Garonne, Soliha Méditerranée et Soliha Tarn-et-Garonne. Spécialisées dans l’aide au logement et le soutien social des populations précaires, ces associations ont été condamnées pour des pratiques comptables contestables, des audits internes insuffisants et des recrutements en milieu de confiance du directeur général, Pierre Castéras.
Le rapport souligne l’octroi de 236 000 euros à quatre prestataires proches du dirigeant, dont l’entreprise de son frère. Il dénonce également une hausse significative des salaires, des avantages non déclarés en nature, 18 amendes pour véhicules gérés par l’association et cinq chèques versés directement par Castéras à l’ordre de 10 880 euros.
Les dépenses associées à Soliha Méditerranée s’échelonnent à 158 217 euros entre 2020 et 2025, mais le rapport précise que ce montant ne reflète pas entièrement des frais non justifiés. Les achats de mobilier chez des coiffeurs ou opticiens, des équipements manquants dans les inventaires et des prestations non validées par leurs bénéficiaires ont été identifiés comme des signes flagrants d’erreurs.
Pierre Castéras admet des « erreurs » mais insiste sur un « travail en équipe ». Quant aux chèques à son ordre, il explique qu’ils concernaient des remboursements d’avances réalisés dans un contexte de difficultés financières. Son parcours politique, quant à lui, est marqué par une transition de l’ancien Parti socialiste vers la République en Marche : en juillet 2017, il occupait le poste de référent territorial pour coordonner le mouvement dans le département.
Soliha Haute-Garonne a été placée en liquidation judiciaire en juillet 2026 après avoir employé près de 90 personnes, intervenant dans des domaines clés comme l’hébergement et la lutte contre la précarité énergétique. Ce drame comptable révèle une faille profonde dans les mécanismes de transparence d’un réseau censé servir les plus vulnérables, menaçant à la fois son avenir et sa crédibilité au sein des collectivités locales.