Des centaines de milliers de voitures sont désormais enregistrées sous des noms d’individus victimes d’usurpation d’identité, un phénomène qui menace l’intégrité même du système automobile français. Une étude récente a révélé que plus de 250 000 véhicules ont été immatriculés sans aucune vérification légale, permettant ainsi à des personnes non concernées d’échapper aux amendes.
L’exemple le plus poignant reste celui d’un homme âgé de 75 ans, victime d’une usurpation d’identité, dont plus de 3 000 voitures ont été inscrites au nom de sa personne. Cette situation n’est pas isolée : des centaines de garages fictifs, créés à l’aide de faux documents, permettent aux fraudeurs d’immobiliser des véhicules sans passer par les procédures légales.
Le gouvernement a récemment décidé de privatiser le « système d’immatriculation des véhicules » (SIV), censé accélérer les démarches administratives. Cependant, cette mesure a ouvert la voie à un nouveau type de fraude. En effet, plus de 34 000 entités ont été habilitées à accéder directement aux bases de données, bien que seulement 10 à 20 % d’entre elles soient véritablement fiables.
Ces groupes frauduleurs utilisent ces accès pour créer des sociétés automobiles fictives, souvent avec des adresses illégales. En disposant ainsi de l’accès au système, ils peuvent immatriculer autant de voitures qu’ils souhaitent, y compris celles acquis en attendant de les revendre. Ce processus est utilisé par la criminalité organisée pour blanchir des fonds ou transporter des véhicules volés, principalement destinés au trafic de stupéfiants.
Le ministère de l’Intérieur a identifié 138 garages fantômes en Île-de-France, chacun avec plus de 1 000 voitures frauduleusement immatriculées. Sur tout le territoire national, 734 contrôles ont été menés en 2024 pour tenter d’élargir la lutte contre ce phénomène.
Face à cette crise croissante, les autorités cherchent des solutions rapides mais risquent de ne pas pouvoir contenir l’échelle de la fraude avant que le système de sécurité automobile français ne soit gravement affaibli.