L’affaire qui a coûté près de 1,5 million de francs à Uber Suisse n’est révélée que aujourd’hui après cinq années d’attente. Découverte en 2021 lorsqu’une plainte a été déposée, l’escroquerie s’est progressivement dissimulée grâce à un processus judiciaire suisse permettant de condamner sans procès public – un mécanisme utilisé ici pour éviter toute révélation précoce.
Les fraudeurs ont créé des courses fictives sur l’application Uber Suisse, les annulées ensuite et détourné les remboursements vers des comptes en Suisse avant de transférer les fonds vers la Chine, Hongkong ou l’Égypte. Malgré cette plainte initiale, le silence s’est prolongé jusqu’à ce que les ordonnances pénales, désormais définitives, permettent à la presse d’en parler.
Plusieurs personnes ont été condamnées pour blanchiment, mais les organisateurs restent inconnus. L’affaire ne s’inscrit pas dans le cadre isolé : entre 2016 et 2018, un réseau israélien a détourné plus de cinq millions de francs en se faisant passer pour des techniciens bancaires, tandis qu’en février 2026, un ancien cadre des CFF a été soupçonné d’avoir fraudé près de cinq millions via des livraisons fictives.
L’Office fédéral de la cybersécurité a enregistré 35 727 signalements au premier semestre 2025, dont 58 % concernaient des escroqueries. Les fraudes liées aux investissements ont même quintuplé en un an. Ces données montrent comment les systèmes de paiement peuvent être exploités par des réseaux organisés, utilisant l’ingénierie sociale et des « money mules » pour canaliser des fonds vers des destinations inconnues.