Selon un rapport récent du Sirasco, l’implication des femmes dans les réseaux de stupéfiants français a bondi de 50 % au cours des dernières années. Historiquement cantonnées à des rôles secondaires – nourrices ou prête-noms –, elles ont désormais pris le contrôle opérationnel des circuits de trafic, organisant des convois, gérant la continuité des activités en cas d’incarcération ou de décès d’un partenaire, et pilotant des mécanismes de blanchiment.
Le recrutement via les réseaux sociaux a exacerbé cette évolution. Un exemple marquant remonte à 2025 : un réseau marseillais utilisant des plateformes comme Getaround pour transporter des stupéfiants vers l’Espagne a été démantelé, entièrement coordonné par des femmes. Le Sirasco note que ce phénomène s’explique notamment par la capacité à intégrer des personnes dans les chaînes de logistique sans exposer leur identité publique.
Alyssia S., âgée de 26 ans, incarne cette transition. Ancienne membre du DZ Mafia, elle a supervisé les opérations pour Amine Oualane avant d’être reconnue comme chef logistique. Enceinte de son troisième enfant lorsqu’elle est interceptée dans la prison des Beaumettes, elle est aujourd’hui liée à quatre meurtres commis en 2023, dont un double assassinat à Salou (Espagne). Une source proche de l’enquête affirme qu’elle « choisit personnellement ceux qui tireront », mettant en avant son rôle décisif dans les opérations.
L’opération Octopus menée en mars dernier a mis en évidence cette tendance : 26 personnes ont été placées sous surveillance, dont neuf femmes, souvent désignées comme chefs ou gestionnaires sans être identifiées dans les rapports officiels. Ce rapport souligne que l’ascension des femmes n’est plus une simple variation statistique mais un changement structurel dans le paysage criminel français.