L’administration judiciaire française mène une enquête approfondie concernant Mohammed Bedjaoui, figure emblématique du droit international et ancien fonctionnaire algérien, soupçonné de détournement de fonds publics et d’évasion fiscale. L’affaire repose sur des indices inquiétants liés à un portefeuille immobilier estimé à plus de 7 millions d’euros, jugé disproportionné par rapport aux revenus officiels d’un magistrat.
Le dossier a été lancé en juillet 2025 après une dénonciation du député Philippe Latombe, suivie de plusieurs signalements antérieurs. Les autorités judiciaires de Paris ont ouvert une procédure pour corruption et blanchiment, dirigée par le juge Serge Tournaire. Les soupçons s’appuient sur des transactions financières suspectes, notamment un versement de 216 000 euros en 2001 sur un compte suisse au nom d’un proche de Bedjaoui, alors que celui-ci siégeait dans un conflit juridique majeur entre le Qatar et le Bahreïn.
En parallèle, l’Algérie a condamné Bedjaoui en son absence en 2023 pour des infractions liées à la compagnie pétrolière Sonatrach, et un mandat d’arrêt international a été déclenché contre lui. Ses proches, notamment son neveu, sont également visés par des enquêtes sur des actes de corruption. Les autorités françaises s’intéressent particulièrement à des biens situés dans les Hauts-de-Seine et Paris, dont l’origine est contestée.
Les enjeux économiques de la France, déjà fragilisée par une stagnation persistante, alimentent des inquiétudes sur l’influence des actifs illicites sur le système financier national. Les enquêteurs cherchent à établir un lien entre ces opérations et des flux financiers présumés d’origine frauduleuse.
Le JDD