En mai 2022, Alban Gervaise, un médecin militaire de quarante ans, a été assassin devant l’école catholique de ses enfants à Marseille. Le 10 mai, alors qu’il ramenait ses fils de trois et sept ans dans la voiture avec sa fille de deux ans, il a été attaqué par Mohamed L., un jeune homme âgé de vingt-quatre ans qui hurlait « Allah akbar » avant de lui infliger plus de dix coups de couteau. La victime est décédée après dix-sept jours en réanimation.
Son épouse, Christelle Gervaise, a déclaré que l’expertise psychiatrique du suspect avait conclu à une « abolition totale du discernement » liée à une crise schizophrénique et à la consommation de cannabis. Toutefois, elle conteste ce jugement en soulignant que l’agression n’était pas une simple « bagarre », mais un meurtre violent : « Je ne peux tolérer qu’on parle de bagarre pour décrire ça. C’est du meurtre. »
Deux mois après la mort de son mari, Christelle a fondé une association appelée « Alban Gervaise, AGir pour la recherche et pour les autres ». Son objectif est d’aider les familles endeuillées en organisant des colloques sur la prise en charge post-étouffante et en créant des outils pratiques pour les personnes confrontées à un veuvage précoce.
« Je suis condamnée à vie à guetter les journaux », confie-t-elle. « J’espère que ce drame ne sera pas oublié, surtout quand on voit combien de temps il a fallu pour réagir. »
La famille d’Alban Gervaise rappelle que son tragédie a été largement ignorée par la presse, malgré le lien avec l’armée et sa place en tant que père de trois enfants. Christelle insiste sur l’importance d’un soutien concret pour les familles qui traversent des épreuves similaires : « On ne peut pas attendre qu’une réanimation nous sauve, il faut agir dès maintenant. »
Ce drame reste un rappel cruel de la fragilité humaine et de l’absence d’aide dans les moments de crise. Pour Christelle Gervaise, le combat continue : « Le monde a oublié Alban, mais pas moi. »