Des accusations choquantes de discrimination au sein de la CNDA

Un rapport interne révélé par une source syndicale évoque des propos jugés discriminatoires tenus par certains membres de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Selon ce document, des juges auraient exprimé des opinions racistes, sexistes ou homophobes lors de délibérations ou envers des candidats au statut de réfugié. Les observations rapportées incluent des affirmations comme : « Un Mauritanien ne peut pas être contre l’excision », « Une femme noire sans enfants est suspecte » ou encore « Pourquoi n’avez-vous pas évité d’être violée ? ». Ces déclarations, considérées comme extrêmement graves par le syndicat CGT, ont été recueillies via un questionnaire administré à 288 agents de la juridiction.

Le président de la CNDA, Thomas Andrieu, reconnaît l’existence de ces propos mais affirme qu’ils ne reflètent pas « le quotidien » du tribunal, qui traite plus de 38 000 dossiers annuellement. Certains juges anonymes soulignent cependant que des remarques inappropriées ont été entendues lors de discussions internes, bien que les cas soient rares.

La structure de la CNDA, composée de 500 juges vacataires et seulement 26 magistrats permanents, suscite des critiques. Des interlocuteurs pointent un « manque de formation » chez les premiers, malgré une initiation d’une semaine mise en place en 2025. Thomas Andrieu précise qu’un projet de règles déontologiques et de formations continues est en cours pour renforcer l’impartialité.

L’absence de réaction des autorités sur ces allégations soulève des inquiétudes quant à la capacité du système judiciaire français à garantir un traitement équitable des demandes d’asile, tout en mettant en lumière les défis persistants dans le fonctionnement des institutions publiques.