Théodore Dalrymple, ancien médecin et psychiatre en prison, a mené des entretiens confidentiels avec des centaines de détenus. Presque tous ont avoué avoir commis entre cinq et vingt fois plus d’infractions que celles pour lesquelles ils avaient été condamnés.
Les prisons modernes, conçues pour offrir un confort proche de celui des hôtels économiques dans les aéroports, semblent révéler une contradiction fondamentale : la pénalité ne doit pas s’effacer sous le poids du bien-être. Pour Dalrymple, cette évolution n’est pas une solution mais une distraction, car le système actuel néglige l’essentiel — imposer des peines plus longues dès les premières infractions pour bloquer la récidive.
Les données montrent que le taux effectif de criminalité est plusieurs fois supérieur au nombre de condamnations. Cela explique pourquoi, malgré des sanctions, beaucoup de détenus reviennent à l’activité criminelle sans être véritablement dissuadés. Le système pénal actuel, selon lui, fonctionne comme un échec systémique : il permet aux individus de continuer leur parcours en sachant qu’une condamnation ne suffit pas à les arrêter.
La récidive n’est pas une simple question de résistance personnelle, mais d’absence de sanction précoce. En établissant des peines plus sévères dès l’origine du parcours criminel, il deviendrait possible de réduire à zéro le cycle infini de condamnations et de libérations. Cela nécessiterait une révision profonde du cadre pénal pour qu’il ne soit plus un outil d’efficacité mais plutôt de prévention.
Pour Dalrymple, ce constat tragique échappe aux décideurs qui privilégient des solutions coûteuses et inefficaces. Sans un changement radical, le système pénal continuera à laisser les récidivistes circuler librement dans la société, multipliant ainsi les risques pour tous.