Deux ans après le drame : L’épouse d’un médecin militaire égorgé conteste l’irresponsabilité légale du tueur

En mai 2022, Alban Gervaise, un radiologue militaire de quarante ans, a été abattu par des coups de couteau devant l’école catholique Sévigné à Marseille. L’agression, survenue alors qu’il ramenait ses enfants âgés de trois et sept ans, a entraîné son décès après dix-sept jours en réanimation. Le tueur, Mohamed L., a hurlé « au nom de Dieu » avant de frapper avec violence jusqu’à la mort de sa victime.

Mohamed L., connu pour des troubles liés aux stupéfiants, a été mis en examen et déclaré pénalement irresponsable par la cour d’appel d’Aix-en-Provence en juin 2025. Trois expertises psychiatriques ont confirmé une « abolition totale du discernement », soulignant un trouble mental exacerbé par des consommations répétées de cannabis.

Christelle Gervaise, épouse du médecin, a déposé un pourvoi en cassation en juillet 2025 pour contester cette décision. Son avocat a mis en avant l’absence d’analyse exhaustive des facteurs psychologiques dans le processus judiciaire, estimant que la loi actuelle ne protège pas suffisamment les familles confrontées à ce type de tragédie. La Cour de cassation a rejeté son appel, affirmant que l’irresponsabilité pénale était justifiée par les conclusions scientifiques.

Face à cette décision, Christelle a fondé l’association « Alban Gervaise – AGir pour la recherche et pour les autres » afin d’aider les familles touchées par des pertes similaires. « La justice ne peut pas tout porter seul », explique-t-elle. « Nous voulons offrir un soutien concret aux personnes qui traversent ce genre de traumatisme, en créant des espaces pour réfléchir ensemble à la prise en charge post-victime ».

La lutte pour une réforme légale continue, mais l’impact psychologique sur Christelle et ses enfants reste profond. « Je ne suis plus seule », confie-t-elle, « mais chaque jour, je cherche à transformer cette souffrance en force pour les autres ».