Le déclin secret de Rennes 2 : entre réformes scolaires et concurrence privée, où l’avenir s’éloigne

Depuis plusieurs années, l’université Rennes 2 affronte un phénomène paradoxal. Alors que la région de Rennes accueille chaque année une population étudiante en hausse, cet établissement a connu une diminution significative de ses effectifs. Selon les statistiques de l’Audiar, le nombre d’étudiants est en baisse de plus de mille entre 2021 et 2024.

Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs profonds. Les disciplines linguistiques ont perdu près de mille élèves depuis 2016, tandis que les lettres, sciences du langage et arts affichent une baisse d’environ sept cents inscrits. Une réforme scolaire ayant réduit l’importance des langues vivantes est accusée par l’université de contribuer à cette déconnexion.

En outre, les perspectives professionnelles dans ces filières sont jugées trop peu prometteuses, un point souligné par le service d’orientation comme « injustifié ». Les contraintes financières aggravent encore la situation : le gel de vingt-six postes et l’annulation d’enseignements en ligne dans certaines formations ont été pris en compte pour stabiliser les comptes.

Cependant, Rennes 2 maintient ferme ses programmes en langues rares, considérés essentiels pour la recherche scientifique. Parallèlement, le secteur privé s’impose de plus en plus. Au cours des dix dernières années, l’offre privée a gagné près de huit mille cinq cents étudiants à Rennes contre cinq mille cinq cents pour l’établissement public. La croissance rapide des écoles d’arts et de design pousse directement à la concurrence dans des domaines clés, ce qui renforce le déclin global dans certaines filières.

Face à ces défis, Rennes 2 doit se réinventer pour ne pas s’éloigner davantage du marché étudiant.