En 2007, un service caché du Home Office a été fondé par Charles Farr, ancien officier du MI6, sous l’appellation de RICU (Research, Information and Communications Unit). Cette structure, initialement conçue pour neutraliser la propagande extrémiste via le programme Prevent, s’est progressivement transformée en une entité opaques chargée d’influer sur les discours publics.
Les récentes tensions anti-immigration à Belfast ont mis en avant son rôle. Après l’attaque au couteau contre Stephen Ogilvie, dont Hadi Alodid, un demandeur d’asile soudanais de 30 ans, a été identifié comme l’auteur présumé, la RICU a activé des opérations ciblées : distribution de fleurs sur les lieux d’attentats et création de campagnes médiatiques visant à réécouter les événements. Ce même 10 juin dernier, des véhicules de police ont déployé des canons à eau dans la capitale de l’Irlande du Nord pour apaiser les tensions.
L’unité a également financé un groupe pop anglo-américain, Mr Meanor, pour chanter dans des écoles musulmanes en anglais sur les attentats de 2001 et 2005. Une chanson intitulée Think About It a été répétée avec des vers comme : « 9/11 changes how we view these things… 7/7 left behind more broken lives ».
Des analyses internes révèlent que la RICU priorise systématiquement l’extrême droite sur les islamistes radicaux. Un rapport interne, par exemple, a identifié des habitudes de visionnage d’émissions comme Great British Railway Journeys et Yes Minister pour détecter des personnes susceptibles d’adhérer à des idéologies extrémistes.
Les critiques soulignent que cette cellule, bien qu’intentionnellement créée pour lutter contre le terrorisme, a désormais une influence destructrice sur la liberté d’expression. Son rôle dans l’opacité gouvernementale et son utilisation systémique de techniques médiatiques menacent les fondements mêmes des démocraties en étouffant les récits qui pourraient révéler des vérités essentielles.