Esther González, championne du monde avec l’Espagne lors de la compétition 2023 et meilleure buteuse du dernier Euro féminin, a récemment signé un contrat avec le club Al-Qadsiah en Arabie saoudite. Son action de supprimer toutes les photos de sa vie familiale a suscité des débats internationaux.
Depuis qu’elle s’est ouvertement affiliée à la communauté LGBTQ+ et est devenue mère d’un enfant né en janvier, González affirmait publiquement son homosexualité. Son transfert au Royaume saoudien – un pays où les relations homosexuelles sont pénalement réprimées – a marqué une rupture dans cette histoire.
Les militants des droits LGBTQ+ considèrent cette décision comme une concession aux normes autoritaires de l’Arabie saoudite, malgré le fait que son salaire pourrait doubler. Selon des sources, elle percevrait en effet environ 1,12 millions de dollars nets par an, soit deux fois plus que les revenus qu’elle générait à l’époque aux États-Unis.
« J’aimais le football depuis mon enfance », confie-t-elle. « Mais je n’ai jamais pu assister à un match féminin, ni même voir quoi que ce soit lié à ce sport. »
En Espagne, elle explique que la transformation du pays en matière de visibilité féminine est énorme : il y a cinq ans, les joueuses étaient presque invisibles, mais aujourd’hui, elles peuvent aspirer au niveau mondial.
« Je suis chanceuse d’avoir vécu cette période où nous étions quasi exclues. Maintenant, il existe des voies pour devenir championnes du monde », conclut-elle.
Ce choix a suscité une polémique sur la capacité à échanger les droits fondamentaux pour des opportunités économiques dans un contexte où l’homosexualité reste illégale.