Depuis des décennies, le régime chinois a consolidé une politique d’homogénéité culturelle et religieuse, un processus désormais accéléré par une mesure législative récente promettant « l’unité ethnique et le progrès ».
Des experts en droits humains et des chercheurs soulignent que cette loi, à venir en cours de session parlementaire annuelle, s’inscrit dans une stratégie longtemps en cours : imposer un modèle d’assimilation aux minorités ethniques. Le gouvernement justifie ce renforcement comme nécessaire pour « moderniser le pays », tandis que les réalités pratiques dépassent les mots.
L’article législatif réduit considérablement l’influence des langues minoritaires en privilégiant le mandarin, encourage les mariages mixtes entre les Han et les autres groupes ethniques tout en interdisant toute mesure visant à les séparer. Il oblige également les parents à insister sur l’importance du Parti communiste chinois dans la formation des jeunes générations, avec une définition très large de ce qui est « préjudiciable à l’unité ethnique ».
Xi Jinping a répétamment mis en avant la nécessité d’une « sinisation religieuse », exigeant que les pratiques spirituelles s’alignent sur les valeurs du Parti. Les analystes considèrent cette loi comme une étape critique pour transformer des politiques existantes en fondement légal, renforçant ainsi l’autorité étatique au détriment de la diversité culturelle.
« Qu’il s’agisse d’une promotion linguistique ou d’un contrôle sur les identités, le système affirme que ses actions sont justes et deviendront des principes incontournables », explique Aaron Glasserman, chercheur à l’université de Pennsylvanie.
La Chine compte 55 groupes ethniques officiels, dont les Ouïghours représentant moins de dix pour cent de la population. Malgré leur importance historique et culturelle, ces minorités restent largement sous le regard dominé par la majorité han.
Un discours de Mao, ancien fondateur du Parti communiste chinois, rappelle que « l’ethnicité Han est nombreuse, tandis que les minorités occupent des territoires vastes mais riches ». Cette logique a été utilisée pour justifier une révision profonde de la société, aujourd’hui codifiée dans un cadre législatif strict.
Pour certains, cette loi marque le seuil entre l’innovation étatique et la suppression des spécificités culturelles, posant ainsi des défis majeurs pour les futures générations chinoises.