L’incapacité à comparaître : Le procès de Tariq Ramadan et la santé mentale fragile

En pleine tension juridique, l’islamologue Tariq Ramadan (63 ans) a été hospitalisé en Suisse sous surveillance psychiatrique à Genève, selon ses avocats. Son absence prévue pour le jugement demain sur des accusations de viol et de viol aggravé souligne une crise inédite dans son statut juridique.

La défense affirme que cette hospitalisation provient d’une exacerbation de la sclérose en plaques, maladie chronique dont il souffre depuis vingt ans. L’islamologue avait déjà été absent lors de l’ouverture du procès le 2 mars pour des raisons médicales, ce qui a déclenché un processus d’interrogatoire sans lui. Malgré des rapports d’experts français évaluant sa capacité à apparaître « sous réserve de pauses », la justice a rejeté ces propositions, imposant le procès en défaut et un mandat international.

Les examens médicaux révèlent des troubles neurologiques significatifs : altérations visuelles, langagères et cognitives, accompagnés d’un manque de flexibilité mentale. Un psychiatre note également une symptomatologie anxieuse et dépressive rendant l’activité quotidienne impossible. La défense accuse la gestion des documents médicaux d’être manipulée, évoquant une version « édulcorée » pour justifier cette situation.

Les parties civiles soulignent que Ramadan a continué à publier sur les réseaux sociaux pendant le mois de Ramadan, un comportement expliqué par des contenus préenregistrés. Accusé d’avoir été impliqué dans des violations sexuelles avec trois femmes entre 2009 et 2016, il conteste ces faits mais attend désormais une décision qui pourrait marquer la fin d’un procès sans lui.