Dans un mouvement marqué par une réflexion profonde sur l’héritage colonial, la ville de Lyon a choisi d’effacer le nom de la rue du maréchal Bugeaud, figure historique associée aux relations coloniales en Algérie au XIXe siècle. Cette décision, soutenue par des associations algériennes en France depuis plusieurs années, s’intègre dans une stratégie municipale visant à réinterpréter les espaces publics sans répétition de symboles passés.
Aline Guitard, adjointe municipale, a souligné que le processus de sélection des noms alternatifs s’était développé grâce à des échanges avec les citoyens et des consultations internes. « Nous avons mis en place un cadre transparent pour éviter toute ambiguïté historique tout en respectant les racines locales », a-t-elle expliqué.
En revanche, le maire du 6e arrondissement, Samuel Soulier (Horizons), a dénoncé cette démarche comme une absence totale de concertation. « Pas d’information, pas de dialogue avec les habitants ou avec la majorité des électeurs : c’est un acte de désertion », a-t-il insisté. Son proposition ? Conserver le nom Bugeaud tout en l’associant à Pierre Bugeaud, ancien prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale et actif dans les mouvements de résistance française.
Pierre Bugeaud, connu sous le surnom « Poirier », est aujourd’hui présenté par la municipalité comme une référence clé pour réconcilier l’histoire locale avec des valeurs d’équité. Son engagement pendant les combats et son rôle dans la lutte contre l’oppression ont été mis en avant comme des éléments essentiels pour construire un héritage inclusif.