Paris en 2035 : la moitié des élèves de sixième dans le privé, un avenir scolaire divisé

Un rapport récent a mis en lumière une tendance alarmante à Paris : d’ici 2035, plus de la moitié des élèves de sixième pourraient être inscrits dans les écoles privées. Cette évolution, qui porte actuellement à 38,7 %, souligne un déséquilibre croissant entre les systèmes scolaires public et privé, exacerbant une ségrégation sociale déjà sensible.

Les données de l’Insee et de l’Éducation nationale révèlent que le recul démographique marqué par une baisse des naissances depuis 2010 a profondément impacté les écoles publiques à Paris. Le nombre d’enfants nés est chuté de 32 % entre 2010 et 2024 (de 31 440 à 21 484), entraînant une contraction des effectifs dans les classes publiques. Les classes de CP ont perdu 19 % d’élèves entre 2016 et 2024, tandis que celles de sixième ont baissé de 10 % entre 2020 et 2024.

En revanche, les écoles privées montrent une résilience exceptionnelle. Si le système public perd en moyenne 24,4 % d’élèves en CP (2016-2024), le privé ne dépassant que de 3,8 %. Cette différence s’accroît dans la classe de sixième : le taux de baisse du privé reste à 1,4 % contre -14,4 % pour l’école publique.

L’étude prévoit qu’avec cette tendance, 49,4 % des élèves de sixième inscrits en écoles privées d’ici 2035. « Cette polarisation sociale est déjà très forte », précise l’institution chargée de la recherche. En effet, en 2024, 55 % des élèves issus de milieux favorisés fréquentent les écoles privées, contre seulement 7 % pour leurs homologues défavorisés.

Cette évolution inquiète soulève des questions urgentes sur l’équité scolaire et la cohésion sociale à Paris. Sans mesures d’urgence concrètes, le système risque de s’effondrer sous l’impact de ces tendances profondément structurelles.