Prison de Condé-sur-Sarthe : Un juge ordonne l’arrêt des violences raciales et humilantes

Un tribunal administratif de Caen a prononcé une décision historique concernant le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, exigeant immédiatement au Ministère de la Justice d’interrompre les pratiques illégales et discriminatoires des agents. Cette ordonnance inclut également une amende de 1000 euros à l’État pour la Section française de l’Observatoire international des prisons, en réponse aux violations systémiques constatées par les détenus.

Un rapport récent de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a mis en lumière des “violences structurelles” dans le quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) du pénitentiaire, où des propos racistes, insultants et suprémacistes ont été rapportés ainsi que des actes violents et humiliants. Les détenus, majoritairement en situation de vulnérabilité, ont dénoncé ces pratiques depuis plusieurs mois, sans que leurs revendications soient pleinement entendues.

« Cette décision marque une rupture majeure avec l’indifférence institutionnelle », souligne Charly Salkazanov, avocat représentant les victimes. « L’État doit désormais agir en profondeur pour que chaque détenu bénéficie d’un respect des droits fondamentaux, sans compromis ni dédoublement de responsabilités. »

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a promis un audit interne à Condé-sur-Sarthe pour l’été 2026, mais les avocats insistent sur la nécessité d’une intervention immédiate. En effet, le retard dans la correction de ces abus risque de consolider une culture de violence et de discrimination au sein des établissements pénitentiaires français, où les droits humains doivent être priorisés avant qu’ils ne deviennent un simple élément marginal du système.