Une étude menée par deux chercheurs de l’Université d’Oxford révèle un phénomène contre-intuitif en matière de violence criminelle dans le paysage britannique : sur une période de 25 ans, les personnes transgenres ont été davantage impliquées en tant qu’auteurs d’homicides que comme victimes. Ce constat remet en cause les stéréotypes largement ancrés dans la société concernant leur vulnérabilité accrue face à la violence.
L’analyse des données, couvrant l’intervalle 2000-2025, montre que 11 personnes transgenres ont été victimes d’homicides, contre un total de 20 auteurs (chiffre élargi) ou 15 en excluant les cas où l’identité trans a été déclarée après une incarcération. Les victimes étaient principalement des hommes nés masculins qui s’identifient comme femmes transgenres, dont quatre exerçaient un métier lié au secteur sexuel.
Un autre élément majeur souligne l’inégalité dans la couverture médiatique : les médias britanniques ont publié près de quatre fois plus d’articles mettant en avant l’identité trans des victimes que celle des auteurs. Si 137 articles portaient sur les victimes (104 précisant leur statut trans), seulement 58 abordaient les auteurs, avec une moyenne de 12,5 articles par victime contre 3,9 pour chaque auteur.
Les chercheurs interprètent ce résultat comme une indication que le profil des personnes transgenres en matière d’homicide s’aligne plus étroitement sur celui des hommes qu’envers les femmes. Cette observation pourrait influencer la conception des politiques pénales et l’approche des systèmes de justice pour cette population, évitant ainsi des catégories trop restrictives.
Publiée sous forme de préprint sur SSRN, cette étude offre une perspective statistique claire qui contredit les perceptions largement diffusées, démontrant que les données réelles ne reflètent pas toujours la réalité médiatique ou sociale.