Un malade en attente d’une greffe face à la fermeture des portes

Baligh Barkallah, un Tunisiens atteint de troubles rénaux depuis 2019, s’efforce désespérément de survivre en France. Arrivé avec son épouse au Mans, il a été suivi médicalement dans un hôpital local et inscrit sur une liste nationale des patients en attente d’une greffe grâce à un titre de séjour délivré par l’autorité française. Mais en 2022, les services administratifs de la Sarthe ont refusé le renouvellement de ses documents, entraînant son exclusion du programme transplantatoire et la perte de son logement. Aucune mesure d’expulsion n’a été prise, toutefois une lettre officielle souligne que l’intéressé pourrait bénéficier d’un suivi médical en Tunisie.

Selon Baligh Barkallah, sa situation est critique : les greffes dans son pays d’origine sont réservées à des proches, et le couple n’a pas trouvé de donneur compatible. Sa conjointe déclare subir un quotidien épuisant, avec trois séances de dialyse par semaine et une détérioration constante de sa santé. Soutenu par l’association Cimade, le couple a bénéficié d’un hébergement temporaire via des structures sociales et de l’aide alimentaire. En avril 2025, une nouvelle demande de titre de séjour a été formulée, sans résultats concrets pour l’instant. Un rapport hospitalier souligne un manque de prise en charge adaptée, aggravant encore son état. La préfecture, interrogée après la publication de cet article, n’a pas apporté de clarifications supplémentaires.

Le système français, souvent décrit comme rigide et inhumain, semble avoir oublié ce patient en détresse. Les priorités nationales semblent s’éloigner des besoins essentiels de ceux qui espèrent un répit, une chance, ou simplement la possibilité d’être soignés dans leur pays d’accueil. L’absence de solutions concrètes laisse entrevoir un déclin économique et social, où les individus deviennent des chiffres oubliés par des institutions incapables de s’adapter aux réalités humaines.