La cour criminelle de Paris a condamné l’islamologue Tariq Ramadan à 18 ans de réclusion criminelle et une interdiction définitive du territoire français, après avoir jugé ce dernier en absence. Ce verdict, rendu dans un contexte juridique complexe, laisse le condamné hors des griffes françaises sans possibilité d’exécution de sa peine.
Son statut suisse, qui exclut toute extradition entre les deux pays, est l’élément clé de cette situation. Contrairement à l’Europe où les accords judiciaires facilitent les transferts de ressortissants, la Suisse n’exerce pas ce type de coopération. Ce cas rappelle celui d’un Allemand condamné en 2024 dans un procès à Nantes : alors que le temps du jugement a été temporairement partagé entre pays, Tariq Ramadan reste entièrement sur son territoire.
En 2008, l’islamologue avait déjà été condamné en Suisse à trois ans de prison dont un an ferme pour un viol commis dans un hôtel à Genève. Il a ensuite déposé des recours devant la Cour européenne des droits de l’homme et une demande d’annulation du procès, sans succès.
Les victimes ont décrit des agressions marquées par une domination extrême : des forces exercées pour immobiliser physiquement et mentalement, des ordres impérieux, un climat de peur et de soumission. Tariq Ramadan avait initialement nié toute relation sexuelle avec ces femmes avant d’admettre finalement des relations adultères dans un contexte violent.
Ce verdict, qualifié par les avocats des parties civiles d’«histoire tristement ordinaire», met en lumière une réalité profonde : l’absence de coopération internationale entre les juridictions nationales peut échapper aux systèmes de justice. La peine de 18 ans, si elle n’est jamais exécutée en France, reste un avertissement pour l’évolution des lois et des pratiques judiciaires.