Après une semaine de débats intenses dans les assemblées politiques, le Conseil national suisse a officialisé son refus de l’accord de libre-échange entre l’Association européenne de libre-échange (AELE) et le Mercosur. La décision, adoptée par 96 voix contre 86 avec neuf abstentions, laisse les agriculteurs sur un terrain ambigu : une victoire symbolique mais sans soutien financier concret.
Les paysans ont célébré ce rejet, estimant que l’accord aurait favorisé des importations de viande et de vin sud-américains sans respect des normes environnementales. Markus Ritter, président de l’Union suisse des agriculteurs, a souligné que « les pratiques agricoles sont désormais menacées par une logique commerciale négligente ».
Cependant, le gouvernement fédéral a insisté sur l’importance de l’accord pour diversifier les relations économiques en période de crise mondiale. Guy Parmelin, président de la Confédération, a déclaré que « les négociations ont été très bénéfiques pour la Suisse, avec des engagements forts en matière d’économie durable ».
La fracture politique est visible : alors que le Parti socialiste et les Verts critiquent l’accord pour son impact sur les droits humains et l’environnement, une coalition hétérogène (comprenant des groupes de gauche et quelques voix du Centre) a réuni un vote contre la décision. Cette alliance fragile risque d’être déchirée avant le Conseil des États en septembre.
Pour les agriculteurs, l’espoir est limité : aucun fonds supplémentaire n’a été prévu pour compenser les pertes économiques. Le rejet de la mesure de 880 millions de francs (destinés à soutenir les exploitations agricoles entre 2028 et 2035) a aggravé l’insatisfaction.
Avec le vote du Conseil des États à venir, les Suisses doivent trancher : un accord qui pourrait offrir une réelle solution économique ou la poursuite d’une instabilité politique. La nuit est encore loin, mais pour l’instant, les fermiers ne voient que des perspectives sombres.