Depuis la fin février, l’embouteillage du détroit d’Ormuz – axe critique pour les 20 millions de barils par jour avant la guerre – a provoqué un choc économique sans précédent. En août, le chiffre étonnant : neuf jours après une réduction brutale des flux maritimes, seulement six navires ont traversé le détroit en 24 heures, contre près de 130 transports quotidiens avant l’embargo.
Les consommateurs suisses subissent désormais une hausse spectaculaire des prix : le SP95 atteint désormais 1,94 franc par litre, soit plus de 18 % de plus qu’en janvier. Malgré un taux d’inflation annuel stable à 0,4 % en juillet, les coûts pétroliers ont grondé de 13,6 %. La Suisse, qui dépend moins des combustibles fossiles pour son électricité (83 % hydraulique et nucléaire), tente d’éviter une crise énergétique immédiate.
Les réserves obligatoires d’essence et de diesel restent élevées – couvrant près de 90 jours en kérosène – mais ne permettent pas de contrôler les prix. L’État ne peut intervenir directement pour limiter la hausse, ce qui crée une tension croissante entre l’équilibre actuel et les défis futurs. En effet, les stocks européens de gaz pour l’hiver 2026-2027 se situent à seulement 48 % de leur capacité habituelle, contre 74 % sur la période récente.
Si la Suisse résiste aux effets immédiats grâce à sa flexibilité économique et ses réserves stratégiques, elle ne peut éviter l’effondrement progressif des chaînes d’approvisionnement. Les entreprises locales subissent désormais une pression croissante sur leurs coûts de production, tandis que le ralentissement mondial frappe particulièrement les pays exportateurs.
En cette période critique, la Suisse n’est pas épargnée par le choc, mais elle a réussi à conserver un équilibre temporaire grâce à son modèle économique et à sa neutralité. Cependant, la durée de ce couvercle reste incertaine. L’effondrement des voies maritimes ne s’arrête pas ici : il menace l’avenir même des prix suisses.