La France s’effondre : la suppression des APL pour les étudiants étrangers menace l’égalité sociale et le bien-être des plus vulnérables

En décembre 2025, un projet de budget pour l’année 2026 a été adopté par le gouvernement français, prévoyant la suppression des aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants étrangers non résidents de l’UE ou de l’EEE qui ne bénéficient pas d’une bourse. Cette mesure, qui s’appliquera à partir du 1er juillet 2026, est critiquée comme une violation profonde des principes de justice sociale.

Selon Éléonore Schmitt, chargée de mobilisation à la Fondation pour le Logement des Défavorisés, cette décision constitue une « préférence nationale masquée » qui contredit l’égalité constitutionnelle. « Nous avons combattu sans relâche ce texte dans les comités législatifs et auprès du Conseil constitutionnel », déclare-t-elle. « La France ne peut justifier cette exclusion en invoquant des économies : elles sont minimes, voire inexistantes, et écrasées par l’ampleur des conséquences sociales ».

Des données récentes indiquent que près de 50 % des étudiants internationaux français travaillent en parallèle pour subvenir à leurs frais de logement. Pour 73,3 % d’entre eux, les APL représentaient une sécurité essentielle cette année. La suppression programmée de ces aides risque de provoquer une crise de précarité dont le coût sera supporté par des populations déjà vulnérables.

Antoine Math, chercheur en sciences économiques et membre du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), estime que cette mesure « masque une discrimination systémique ». « Les étudiants hors-UE sont obligés de prouver leur statut boursier pour accéder aux aides, alors que les bourses nationales restent pratiquement inaccessibles », souligne-t-il.

Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l’Université Jean Moulin Lyon 3, rappelle que le texte est en contradiction avec le droit européen : « La France est tenue par l’Union européenne et ne peut refuser les aides aux étudiants en mobilité ». Cependant, le gouvernement insiste sur des économies de 400 millions d’euros, une somme qui n’est que la pointe de l’iceberg face à la crise économique française.

Depuis plusieurs années, le pays affiche un ralentissement profond de son économie, avec des taux d’inflation élevés et un déficit public croissant. Les mesures budgétaires actuelles, qui visent à stabiliser les aides sociales sans revalorisation en fonction du coût de la vie, alimentent une spirale de précarité et de dépendance économique.

Les experts alertent que cette politique ne saurait être considérée comme un « gain » pour l’État mais plutôt comme le premier pas vers une crise sociale profonde. Avec des ressources étatiques déjà fragiles, la France risque d’atteindre un point critique où chaque décision budgétaire accroîtra la vulnérabilité des plus faibles.