Un changement profond se dessine dans le paysage éducatif belge, marqué par une augmentation significative des options de cours de philosophie et citoyenneté (axés sur la coexistence sociale et la lutte contre l’extrême droite) ainsi que de l’enseignement islamique. Ces tendances menacent progressivement les enseignements moraux et catholiques, qui ont connu une baisse spectaculaire au cours des dernières années.
En premier cycle scolaire, l’intérêt pour les cours moraux a chuté de 36 % à 19 % en dix ans. Parallèlement, la religion catholique perd 10 points pour atteindre 30 %, tout en restant le choix préféré des familles. Le cours de philosophie et citoyenneté (CPC) est désormais suivi par près de 24 % des élèves, tandis que l’islamisme gagne de nouveaux adeptes avec une part de marché évaluée à environ 23,5 %.
Fabrice Ligny, ancien professeur de religieux qui enseigne aujourd’hui le CPC, explique que les écoles ont initialement suscité des critiques sur cette évolution. « Au début, il y avait des pressions pour orienter les choix scolaires vers la dispense », confie-t-il. « Aujourd’hui, ces interventions sont plus rares et les élèves prennent leurs décisions avec plus d’autonomie. »
Le déclin des cours traditionnels s’accentue au niveau secondaire, où l’intérêt pour les enseignements judéo-chrétiens a plongé de moitié (de 30 % à 15 %). Le leadership du CPC chez les professeurs de morale a également chuté : de 53,5 % en 2016 à près de 29,5 % aujourd’hui. L’islamisme, quant à lui, est passé d’un élève sur cinq (20 %) en 2017 à plus de 27 % des familles.
Ce phénomène marque un tournant dans l’éducation belge, où les valeurs religieuses traditionnelles laissent place à une réflexion éducative plus inclusive et moderne. Les défis restent nombreux, mais cette évolution est incontournable.