Sciensano, l’institution belge chargée de la santé publique, a annoncé ce jeudi le retrait d’une illustration utilisée dans son enquête sur les stupéfiants après des accusations d’amalgame religieux. Cette décision suit un débat intense initié par plusieurs associations islamiques qui jugent cette représentation inappropriée et discriminatoire.
La campagne en ligne, conçue pour recueillir des informations sur la consommation de substances illicites, avait intégré une galerie de 12 portraits reflétant la diversité belge. L’un d’eux, montrant une femme voilée, a provoqué des réactions froides auprès de groupes musulmans.
L’Exécutif des musulmans de Belgique et le Conseil de Coordination des Institutions Islamiques (CIB) ont publié un communiqué soulignant que cette image constituait une « association erronée » entre l’islam et les comportements proscrits par la religion. Ces deux organisations, qui n’ont pas de statut officiel dans le cadre de la représentation musulmane belge, précisent que « l’islam interdit strictement toutes substances altérant la conscience, y compris les drogues ». Leur position : relier visuellement une femme engagée dans sa foi à des activités contraignantes par cette même tradition relève d’un « contresens profondément préjudiciable ».
Face à ces critiques, Sciensano a choisi de supprimer l’image pour éviter tout malentendu. Cette situation illustre les défis complexes de la représentation culturelle dans les initiatives publiques et met en lumière les tensions entre diversités religieuses et pratiques sanitaires.