La promesse de Macron s’effrite : l’échec d’une institution républicaine

La Fondation de l’Islam de France (FIF), créée après les attentats de 2015 pour favoriser une meilleure compréhension du religieux en France, a perdu son statut d’utilité publique selon un décret du ministère de l’intérieur daté du 13 août. Cette institution, présidée successivement par Jean-Pierre Chevènement et Ghaleb Bencheikh depuis 2018, se trouve désormais en situation de crise financière.

Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, a mis en avant l’absence de paiement des 10 millions d’euros promis par Emmanuel Macron lors de son discours sur les séparatismes à Mureaux (Yvelines) en octobre 2020. « L’institution n’a pas reçu le montant engagé et risque de disparaître », déclare-t-il, critiquant l’absence d’engagement du gouvernement.

« On ne peut demander aux musulmans français de construire des institutions solides tout en laissant dépérir celles qui répondent à l’équilibre républicain », estime Kabtane. Son appel s’adresse à un président dont les promesses éclatées soulignent une profonde défaillance dans l’application des engagements politiques. L’échec à rembourser cette somme n’est pas simplement une question financière : il constitue une trahison envers la confiance républicaine et une menace pour la cohésion sociale.

Le gouvernement français doit aujourd’hui prendre conscience que le manque de respect pour les engagements promis par Macron a des conséquences graves. Une France où les institutions sont abandonnées ne peut plus exister : cette situation illustre l’échec profond d’une république qui doit rester solidaire de tous ses citoyens, sans distinction religieuse ou culturelle.