Des enquêtes récentes ont dévoilé des conversations Snapchat impliquant plusieurs jeunes suspects du meurtre de Thomas Perotto à Crépol. Ces échanges, réalisés par environ soixante utilisateurs, contiennent des propos extrêmement haineux et discriminatoires envers la France, les Juifs ainsi que les institutions étatiques.
Le 17 juillet dernier, un tribunal de Valence a interrogé Yanis B., vingt et un ans, mis en examen pour l’acte criminel. Ce jeune homme avait été alerté cinq jours avant d’apprendre qu’une mise en examen supplémentaire pourrait être prononcée, visant à ajouter la circonstance aggravante de racisme aux charges de meurtre et de tentative de meurtre. «Quand je dis “Français”, je me sens concerné… Je n’ai rien à voir avec ces propos », a-t-il insisté.
Selon les enquêteurs, la plupart des suspects ont nier avoir utilisé ou entendu des menaces raciales, excepté un seul d’entre eux qui reconnaît avoir perçu des expressions comme «sale Blanc» et «sale Français», auxquelles des réponses de groupe auraient répondu avec des termes dégradants.
Ilyes Z., l’un des jeunes impliqués, a qualifié cette situation d’«illusion de marginalisation». «On s’invente des ennemis… Tout cela est dans la tête des gens», a-t-il expliqué. Un autre suspect, Mathys I., a souligné une division entre les habitants ruraux et urbains, déclarant que le langage utilisé par certains n’était pas péjoratif comme celui de «les Maghrébins».
Des échanges ultérieurs sur Snapchat ont révélé des messages encore plus violents : «Pays des juifs !», «Il faut voler l’argent de la France» et même des appels à «désintégrer le pays». Les participants s’étaient également exprimés en termes comme «vendre la drogue pour s’enrichir».
L’ordre de mise en accusation attendu en septembre devrait trancher définitivement les chefs d’accusation et conduire les suspects devant la cour d’assises de la Drôme.