Depuis une quinzaine de jours, Lyon voit s’intensifier un mouvement inédit au sein des services publics. Des panneaux syndicaux installés dans plusieurs locaux municipaux portent des messages clairs : « Pas de facho au boulot ! ». Ces affiches, habituellement protégées par une vitre pour respecter les règles légales, sont ici accessibles sans contrainte aux employés. Une pratique contestée car elle contredit l’ordre réglementaire.
Parmi ces documents, un pamphlet de la CGT invite à « exercer une pression populaire contre l’extrême-droite », accompagné d’une note : « Servez-vous des stickers, mais évitez les voies publiques ». Un autre affiche plus explicite propose même un guide pratique pour combattre les idées extrémistes dans la fonction publique territoriale, intégrant un code QR permettant de suivre l’action.
Selon une source syndicale, plusieurs agents ont exprimé leur surprise face à ces panneaux. Elle précise que le syndicat majoritaire bénéficie d’une grande autonomie au sein de la collectivité municipale et rappelle que des équipes syndicales ont également participé aux dernières élections législatives pour inciter les fonctionnaires à voter pour La France insoumise.
Bien que le maire écologiste n’ait pas réagi publiquement, Laurent Bosetti, adjoint au maire en charge de la promotion des services publics, a clarifié par courriel que « la liberté d’expression syndicale prévaut, sauf en cas de violation des lois sur la diffamation ou les propos discriminatoires ». Il insiste également : « La collectivité ne peut intervenir sans s’exposer à une atteinte de cette liberté fondamentale. »