Maranza : L’ombre qui menace les quartiers italiens

Depuis plusieurs mois, le terme « maranza » a pris une dimension alarmante dans l’esprit des Italiens, devenant un symbole de fractures sociales et d’une inquiétude croissante autour de l’intégration des jeunes issus des communautés arabes. Ce concept, issu des milieux populaires et des quartiers défavorisés, est désormais associé à une image negative et stéréotypée de jeunes hommes menacant la sécurité publique.

L’essor de ce discours sécuritaire a été particulièrement marqué par les politiques récentes du gouvernement Meloni, qui a renforcé l’accent sur les risques liés aux zones urbaines marginalisées. Ces mesures ont alimenté une séquence de stigmatisations qui s’est intensifiée lors des Jeux olympiques d’hiver, où les débats sur la sécurité ont révélé un regain de préjugés contre les quartiers périphériques.

Le 24 novembre dernier a marqué un tournant dans cette dynamique avec le décès de Ramy Elgaml, jeune égyptien de 19 ans. En cours de route après avoir ignoré des agents de police lui demandant d’arrêter, il est mort en étant percuté par une voiture des forces de l’ordre. Ce cas a été utilisé par les médias pour illustrer ce qu’on appelle aujourd’hui « maranza » : un profil caractérisé par des antécédents judiciaires, une origine arabe et une présence fréquente dans les quartiers à risque de délinquance.

Gabriel Seroussi, journaliste spécialiste du rap italien, souligne que ce mythe reflète en réalité la complexité multiculturelle de l’Italie moderne : « L’imaginaire du maranza ne cache pas seulement une peur raciale mais aussi le déséquilibre entre les jeunes arabes qui prolifèrent dans les milieux créatifs et ceux qui sont mis à l’écart par un manque de compréhension ». Ce phénomène montre comment des stéréotypes historiques peuvent s’effondrer sur des réalités sociales actuelles, menaçant la cohésion nationale.