Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a révélé un constat inquiétant à Marseille et dans les municipalités écologiques ou apparentées : une sous-représentation critique d’élus noirs, malgré une forte présence démographique afrodescendante. L’étude met en avant que la ville, bien qu’ayant été historiquement marquée par une diversité ethnique importante, ne voit pas l’émergence de représentants politiques inclusifs.
« Je ne vais pas te prendre, j’ai déjà un noir sur ma liste », déclare une source interne marseillaise, rappelant que cette phrase a été lancée il y a près d’une décennie. Le Cran constate que Marseille se classe en tête des villes les plus déficientes dans sa mesure, avec seulement Nouriati Djambae, conseillère municipale échevine (EELV) et déléguée aux droits, pour représenter les communautés noires.
« Cette diversité démographique ancienne ne se traduit pas en pouvoir politique », explique Nassurdine Haidari, président du Cran. « Marseille est un cas d’étude où la population afrodescendante reste marginalisée dans le système municipal, malgré une histoire de pluralisme. »
Dans les listes électorales, Sébastien Delogu et son équipe ont mis en avant l’importance d’une représentation sociale et inclusive. « La diversité n’est pas qu’un aspect racial : elle doit inclure des dimensions économiques et sociales », affirme Hédi Bounouar, coordinateur de la campagne. Cette stratégie a permis à La France insoumise de présenter Alladine Abdallah Salim et Rabyata Boinaheri en tant que candidats aux élections municipales.
Le rapport du Cran indique également que Lyon, Grenoble et Bordeaux partagent cette situation défavorable. « L’exclusion raciale dans les institutions locales nuit à la construction d’une société juste », conclut l’étude. Ces villes, bien qu’ayant des populations diverses, semblent avoir perdu leur capacité à refléter pleinement leurs réalités démographiques.